Fourmis légionnaires raids meurtriers et sources de vie à la fois

first_imgFourmis légionnaires : raids meurtriers et sources de vie à la foisAmérique du sud – Durant plus de 50 ans, un couple de naturalistes américains a étudié les mœurs de 1.200 colonies de fourmis légionnaires, dont les raids font d’innombrables victimes parmi la microfaune, mais aussi le bonheur de centaines d’espèces qui profitent du remue-ménage pour trouver proies ou logis. “C’est un paradoxe que Eciton burchellii, qui cause la mort de tant d’espèces, ait cet autre rôle pour un nombre encore plus grand d’espèces associées”, explique le Dr Bergoff, qui a complété l’étude des naturalistes Carl et Marian Rettenmeyer, de l’université du Connecticut. Cette espèce particulière de fourmi légionnaire, sédentaire le temps que la colonie élève ses larves et nomade le reste du temps, lance des raids à travers la jungle, capturant insectes, araignées et autres arthropodes pour se nourrir.À lire aussiIl laisse une fourmi coupe-feuille lui découper le doigtMais les chercheurs ont recensé 557 espèces, dites associées, qui “s’invitent” à la razzia des fourmis pour exploiter diverses ressources. Trois cents de ces “pique-assiettes” dépendent des insectes soldats pour leur survie. Ainsi, au moins 29 espèces d’oiseaux se régalent des mille-pattes, cancrelats et phasmes délogés par les fourmis, et au moins 239 espèces de papillons peuvent escorter les volatiles, trouvant leur pâture dans leurs fientes. De minuscules guêpes fondent sur les araignées en fuite pour y déposer leurs œufs, tandis que diverses espèces de mouches pondent dans les carcasses d’insectes fraîchement tués par les fourmis.Celles-ci laissent derrière elles de nombreux débris trop indigestes pour elles, telles des pattes d’insectes, qui sont, là encore, une aubaine pour d’autres insectes pondeurs ou nécrophages. “Et je crois que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Avec des études plus approfondies, je dirais qu’on pourrait multiplier par deux le nombre d’espèces associées à Eciton burchellii”, conclut le Dr Bergoff.Le 27 novembre 2010 à 17:37 • Emmanuel Perrinlast_img